Introduction
Les réseaux sociaux sont parmi les outils de communication les plus utilisés aujourd'hui. Combinés ensemble, et en comptant le nombre de personnes atteintes par chaque publication, les réseaux sociaux prennent, effectivement, le dessus sur les autres moyens tels que l'e-mail, le blogging et les forums.
Ces outils reposent sur un ensemble de notions issues de l'ingénierie sociale pour attirer les nouveaux utilisateurs et pour fidéliser les anciens. Ainsi, nous avons vu Facebook se classer comme le site le plus visité au monde pour plusieurs mois (avant de perdre cette position face à Google qui a repris son ancien classement).
Ces notions ont toujours été utilisées dans le marketing et par les différents groupes et organisations pour attirer des clients, des membres, des volontaires ou même des victimes. Le virus "I love you" me vient à l'esprit comme l'une des premières tentatives qui a montré à quel point il est facile de convaincre les gens à prendre une action risquer en exploitant les notions sociales les plus basiques. C'est pourquoi l'étude des réseaux sociaux est un axe de recherche très actif et pour différentes disciplines.
Néanmoins, l'abus de ces règles peut mener à des comportements et des conséquences que les créateurs de ces systèmes n'ont jamais imaginés. Dans cet article, je vais essayer de présenter une observation qui devient de plus en plus fréquente sur les réseaux sociaux et de plus en plus exprimée par les "facebookeurs" dans les différents groupes. Une observation qui me fait l'impression que Facebook est devenu, en quelque sorte, un moyen de prise d'otage durant la communication sur ce réseau.
Ces outils reposent sur un ensemble de notions issues de l'ingénierie sociale pour attirer les nouveaux utilisateurs et pour fidéliser les anciens. Ainsi, nous avons vu Facebook se classer comme le site le plus visité au monde pour plusieurs mois (avant de perdre cette position face à Google qui a repris son ancien classement).
Ces notions ont toujours été utilisées dans le marketing et par les différents groupes et organisations pour attirer des clients, des membres, des volontaires ou même des victimes. Le virus "I love you" me vient à l'esprit comme l'une des premières tentatives qui a montré à quel point il est facile de convaincre les gens à prendre une action risquer en exploitant les notions sociales les plus basiques. C'est pourquoi l'étude des réseaux sociaux est un axe de recherche très actif et pour différentes disciplines.
Néanmoins, l'abus de ces règles peut mener à des comportements et des conséquences que les créateurs de ces systèmes n'ont jamais imaginés. Dans cet article, je vais essayer de présenter une observation qui devient de plus en plus fréquente sur les réseaux sociaux et de plus en plus exprimée par les "facebookeurs" dans les différents groupes. Une observation qui me fait l'impression que Facebook est devenu, en quelque sorte, un moyen de prise d'otage durant la communication sur ce réseau.
Les modes de communication
La communication à distance est l'un des ajouts les plus important des réseaux informatiques. En effet, les deux moyens essentiels de communications connus jusqu'à la mise en oeuvre d'ARPANet étaient la poste (le "mail") et la téléphonie (fixe). Ces deux modes sont de deux natures différentes :
Le mail est un mode de communication lent. Mais, il permet à l'émetteur de prendre son temps pour préparer la lettre (écrites, documents, colliers, etc..) à envoyer. Il lui permet aussi de se libérer après l'envoie et de ne pas rester bloqué pendant l'attente d'une réponse. Ce mode de communication est dit "Asynchrone".
La téléphonie, de sa part, est rapide. Mais, un appel téléphonique nécessite la présence des deux parties impliquées dans la communication. L'émetteur doit envoyer son information dans un délai très court. Il est ensuite bloqué en attendant une réponse. C'est pourquoi tout le monde déteste sa mise en attente lorsqu'on appelle un Call Center. Ce mode de communication est dit "Synchrone".
Pour les deux modes, il ne faut pas oublier une réalité : les deux modes restent secondaires en comparaison à une communication en face-à-face. C'est à dire, une communication suivant l'un ou l'autre de ces modes sera facilement interrompue si l'un des deux parts est déconcentré par une communication en face-à-face avec une autre personne. Personne ne favorisera la lecture d'une lettre si une autre personne présente avec elle dans la même pièce s'engage dans une conversation avec elle. La même affirmation est vrai dans la plus part des cas pour un appel téléphonique.
Le mail est un mode de communication lent. Mais, il permet à l'émetteur de prendre son temps pour préparer la lettre (écrites, documents, colliers, etc..) à envoyer. Il lui permet aussi de se libérer après l'envoie et de ne pas rester bloqué pendant l'attente d'une réponse. Ce mode de communication est dit "Asynchrone".
La téléphonie, de sa part, est rapide. Mais, un appel téléphonique nécessite la présence des deux parties impliquées dans la communication. L'émetteur doit envoyer son information dans un délai très court. Il est ensuite bloqué en attendant une réponse. C'est pourquoi tout le monde déteste sa mise en attente lorsqu'on appelle un Call Center. Ce mode de communication est dit "Synchrone".
Pour les deux modes, il ne faut pas oublier une réalité : les deux modes restent secondaires en comparaison à une communication en face-à-face. C'est à dire, une communication suivant l'un ou l'autre de ces modes sera facilement interrompue si l'un des deux parts est déconcentré par une communication en face-à-face avec une autre personne. Personne ne favorisera la lecture d'une lettre si une autre personne présente avec elle dans la même pièce s'engage dans une conversation avec elle. La même affirmation est vrai dans la plus part des cas pour un appel téléphonique.
La communication sur Facebook
Le moyen de communication direct sur Facebook est sa messagerie. Cette dernière se présente comme l'outil le plus utilisé et le plus orienté vers une communication de personne à personne. Les autres moyens visent d'attirer les utilisateurs pour s'engager à des activités sociales. Cela explique pourquoi facebook a lancé une application séparer (Facebook Messenger) et elle n'a pas fait la même chose avec l'espace Market (par exemple).
La messagerie de Facebook supporte les deux modes de communication :
Elle permet un dialogue en temps réel (Synchrone) : la notion d'utilisateur connecté et la réception des messages en temps réel avec une notification sonore et visuelle pour attirer l'attention de l'internaute sont la base de cette fonctionnalité.
Elle permet d'envoyer un message à un utilisateur déconnecté (Asynchrone) : l'envoie de message est possible même si le destinataire n'est pas connecté. Il peut trouver le message qui lui a été destiné lorsqu'il se connecte.
La messagerie de Facebook supporte les deux modes de communication :
Elle permet un dialogue en temps réel (Synchrone) : la notion d'utilisateur connecté et la réception des messages en temps réel avec une notification sonore et visuelle pour attirer l'attention de l'internaute sont la base de cette fonctionnalité.
Elle permet d'envoyer un message à un utilisateur déconnecté (Asynchrone) : l'envoie de message est possible même si le destinataire n'est pas connecté. Il peut trouver le message qui lui a été destiné lorsqu'il se connecte.
Les nouvelles contraintes
Néanmoins, nous commençons à avoir de nouveaux comportements négatifs sur ces réseaux sociaux. Une fois engagé dans une communication synchrone, il est pratiquement impossible de la laisser sauf en donnant une justification détaillée. Cela représente une mise de pression injustifiée et complètement superflue sur les utilisateurs de ces réseaux.
La mention Vue
La mention Vu indique l'utilisateur que son destinataire a vu son message. Après avoir vu son impact, je pense que son ajout n'est pas innocent et ne se résume pas à son simple objectif. La signification sociale de ce simple message a passé de "votre destinataire a vu votre message" à "votre destinataire ne veut pas vous répondre, il n'a pas le temps pour vous et il ose penser avoir d'autres choses plus importantes que vous". C'est, à la lettre, une explication donnée par un facebookeur de sa vision pour la mention Vu sans répondre au message.
Une complication qui est devenu une convention. Son risque est le fait qu'elle met encore plus de pression sur le destinataire. S'il ne répond pas, il risque d'offenser ou même de perdre son "ami". Ainsi, en exploitant la nature sociale de l'être humain, et en ajoutant une simple marque 'Vu', le réseau social arrive à "obliger" l'utilisateur à "répondre" et "ne pas quitter la conversation". Autrement, il se voit amené vers un conflit avec ses connaissances sur le réseau.
Une complication qui est devenu une convention. Son risque est le fait qu'elle met encore plus de pression sur le destinataire. S'il ne répond pas, il risque d'offenser ou même de perdre son "ami". Ainsi, en exploitant la nature sociale de l'être humain, et en ajoutant une simple marque 'Vu', le réseau social arrive à "obliger" l'utilisateur à "répondre" et "ne pas quitter la conversation". Autrement, il se voit amené vers un conflit avec ses connaissances sur le réseau.
Temps de réponse
Un autre aspect de réponse largement exploité est le temps de réponse. Je désigne, ici, par temps de réponse, la durée entre la mention "Vu" et l'envoie de la réponse. Bizarrement, le temps de réponse acceptable devient de plus en plus court. En effet, vous pouvez être "bloqué" si le temps de réponse dépasse les quelques minutes. C'est une autre tendance qui exerce encore plus de pression sur le facebookeur, non pas par le réseau lui même, mais par ses "amis".
Comme pour la mention Vu, cette mesure, qui ne devrait pas avoir une signification justifiée en parlant de la nature de communication Asynchrone, est devenue une mesure du respect et d'attachement du destinataire : "plus la durée est longue, moins il vous respecte et moins il est attaché à vous et plus il est prêt à vous perdre". Pour le mode de communication Asynchrone supposé supporté par la plate-forme, cette affirmation n'a aucun sens.
Comme pour la mention Vu, cette mesure, qui ne devrait pas avoir une signification justifiée en parlant de la nature de communication Asynchrone, est devenue une mesure du respect et d'attachement du destinataire : "plus la durée est longue, moins il vous respecte et moins il est attaché à vous et plus il est prêt à vous perdre". Pour le mode de communication Asynchrone supposé supporté par la plate-forme, cette affirmation n'a aucun sens.
Conséquence
Ces deux nouvelles contraintes sont basées sur de simples observations. Il est possible de détecter d'autres contraintes qui s'imposent sur les utilisateurs des réseaux sociaux par leurs paires. Ces contraintes viennent pour représenter une pression supplémentaire et pour contrôler le comportement de l'utilisateur.
Pour les deux contraintes notées, il est claire que l'utilisateur sur Facebook doit prêter de plus en plus d'attention à ses discussions sur Messenger. Il doit aussi leur accorder une priorité plus élevée de celle accorder à sa vie réelle, son existence même. Autrement, il risque de perdre ses "amis". Répondre même si vous ne le voulez pas ou bien devoir répondre dans un délai record de quelques minutes veux dire que vous n'êtes plus libre et que vous n'êtes plus dans une communication saine. En effet, vous perdez l'avantage de la communication asynchrone qui vous autorise à avoir votre temps pour répondre et vous perdez l'avantage de la communication synchrone qui est caractérisée par sa rapidité et la facilité de sa terminaison. Vous êtes bloqué dans une communication textuelle, de longue durée, illimitée (ou presque) et obligeante.
Pour les deux contraintes notées, il est claire que l'utilisateur sur Facebook doit prêter de plus en plus d'attention à ses discussions sur Messenger. Il doit aussi leur accorder une priorité plus élevée de celle accorder à sa vie réelle, son existence même. Autrement, il risque de perdre ses "amis". Répondre même si vous ne le voulez pas ou bien devoir répondre dans un délai record de quelques minutes veux dire que vous n'êtes plus libre et que vous n'êtes plus dans une communication saine. En effet, vous perdez l'avantage de la communication asynchrone qui vous autorise à avoir votre temps pour répondre et vous perdez l'avantage de la communication synchrone qui est caractérisée par sa rapidité et la facilité de sa terminaison. Vous êtes bloqué dans une communication textuelle, de longue durée, illimitée (ou presque) et obligeante.
Nouvelle pratique ?
Malheureusement, les solutions qui prennent de plus en plus de place entre les facebookeurs ne sont pas dans le bon sens. Il s'agit de quelques solutions pour dévier le problème et non pas pour corriger ces faux jugements donnés à des fonctionnalités basiques sur un système de discussion d'un réseau social. Je vais citer une pratique qui m'a tellement surpris qu'elle m'a poussé à écrire cet article.
Pour éviter l'apparition de la mention "Vu" sur un message ou une discussion, le facebookeur charge la discussion en lançant l'application, ensuite, il désactive sa connexion Internet (que ce soit en Connexion de Données ou Wi-Fi), il visualise la discussion et ferme l'application. Il réactive ensuite la connexion et lance à nouveau l'application de messagerie.
Vous allez penser que c'est pénible. Je suis parfaitement d'accord avec vous. C'est de l'effort et du temps perdus sans une justification valide. Cette pratique ne peut jamais être considérée comme une solution; elle consiste à remplacer l'obligation de répondre par l'obligation de passer par cette procédure pour lire le message sans laisser la mention "Vu".
Pour éviter l'apparition de la mention "Vu" sur un message ou une discussion, le facebookeur charge la discussion en lançant l'application, ensuite, il désactive sa connexion Internet (que ce soit en Connexion de Données ou Wi-Fi), il visualise la discussion et ferme l'application. Il réactive ensuite la connexion et lance à nouveau l'application de messagerie.
Vous allez penser que c'est pénible. Je suis parfaitement d'accord avec vous. C'est de l'effort et du temps perdus sans une justification valide. Cette pratique ne peut jamais être considérée comme une solution; elle consiste à remplacer l'obligation de répondre par l'obligation de passer par cette procédure pour lire le message sans laisser la mention "Vu".
La véritable solution
La véritable solution est la compréhension de quelques points essentiels :
- Un réseau social est pour communiquer à distance, cela ne doit, sous aucun prétexte, être plus important que la vie dans le monde réel.
- Un réseau social est pour vous laisser en contact avec vos amis. Si l'un d'eux vous fixe des règles ou essaie de vous contrôler par des convention débiles, il ne mérite pas d'être votre ami.
- Communiquer est une action volontaire pour passer un message entre deux personnes. Sauf état de guerre ou une situation d'urgence (question de vie ou de mort), l'activité de communication ne doit pas imposer des pressions ou des obligations; c'est contre sa nature.
- Si une personne lit votre message et n'a répondu, c'est qu'il ne peut pas ou même ne veut pas répondre. Aucune signification injustifiée ne doit être donnée à cette action de ne pas répondre. Vous n'avez pas le droit d'obliger les autres à prendre telle ou telle action. En gardant ce droit aux autres, vous le garderez pour vous-même aussi.
Conclusion
A la fin, j'ai essayé de mettre le doigt sur des pratiques et des idées qui commencent à devenir une source de pression et de frustration sur les réseaux sociaux. Ces idées obligent les facebookeurs à prendre des actions même contre leur volonté. Elles donnent, aussi, le droit à des gens de juger d'une manière absolue les autres gens en se basant sur une action ou deux, sans justification, ni prise en compte du contexte et des conditions par lesquelles ils passent. Ces éléments détruisent les fondements d'une communication saine qui est supposée être l'objectif même d'un réseau social.
Il est évident qu'une analyse plus profonde peut révéler d'autres phénomènes et d'autres exploitations immorales des notions de l'ingénierie sociale. Est-il temps de commencer à enseigner ces pratiques à nos enfants ?
Il est évident qu'une analyse plus profonde peut révéler d'autres phénomènes et d'autres exploitations immorales des notions de l'ingénierie sociale. Est-il temps de commencer à enseigner ces pratiques à nos enfants ?