lundi 24 septembre 2018

[En Deux Mots] Ne faites pas de longues ruptures

Même si ce conseil paraît évident, j'ai fait cette erreur de ne pas le suivre. J'ai pris une longue rupture qui a atteint les 3 ans, durant lesquelles, je n'ai pas réalisé des projets complets. Mon travail de développement se limitait à ce que j'avais besoin pour assurer les Travaux Pratiques en Algorithmique (pour les étudiants en première année Mathématique et Informatique - MI). Deux ans en Pascal et une dernière année en C.
La cause principale de ce désastre était mes débuts en doctorat. entamer un nouveau domaine n'est pas toujours une chose facile, surtout s'il s'agit d'un domaine loin de l'informatique. Je me trouvais étudier les livres de psychologie, psychopédagogie, psychologie du développement, théorie de l'action et les théories des émotions.

Sloman, A. (2004, March). What are emotion theories about. In Invited talk at cross-disciplinary workshop on Architectures for Modeling Emotion at the AAAI Spring Symposium at Stanford University in March.

Les résultats de cette rupture étaient catastrophiques. Premièrement, mes productions étaient des codes dispersés qui visaient des exercices d'introduction à l'algorithmique, des exemples sur les boucles et quelques exercices très classiques comme la vérification d'une grille Sudoku ou bien trouver les nombres amis. Si mes participations sur les forums des débutants ont devenus plus détaillées et plus pédagogiques, mes participations sur les forums plus avancés commençaient à diminuer avant de s'arrêter complètement. Mon repository sur Source Forge a stagné complètement aussi.
Deuxièmement, je n'ai pas pu suivre du près les nouvelles approches révolutionnaires qui ont vu le jour durant ces années. Groovy était un langage des amateur, Docker était dans ces débuts et semblait avancé un peu doucement et l'école fonctionnelle semblait encore endormie. Après trois ans, Groovy n'est plus le langage pour les amateurs; il est devenu un langage et une plateforme très intéressante. Je ne pouvait même pas reconnaître des parties telles que Grail qui a changé complètement. Docker a aussi changé, maintenant, il est doté d'un écosystème complet et il est devenu la base d'autres plateformes telles que Fn. Cette dernière prouvait qu'une l'approche fonctionnelle est du retour et avec puissance; l'approche Objet sur laquelle je me basais complètement a commencé à montrer sa lourdeur sur le côté serveur.
Finalement, je ne reconnaissais plus ma plateforme préférée : Java (J2SE/J2EE). La J2EE 6 était une vrai révolution, les fichiers XML que j'ai tant utilisé ne sont plus nécessaires et ils sont généré automatiquement à partir des annotations. Les services web RESTful ont devenus plus simples et plus rapides à développer. Les annotations se multipliaient et les outils aussi. Java 8 et les expressions Lambda ont été introduites, je n'en savait rien sauf quelques articles très brefs que j'ai lus.
Comment je me suis réveillé ? Je préparé une formation Java pour des étudiants. C'était avant l'introduction du module Programmation Orientée Objet avec des Travaux Pratiques en Java. Tout simplement, j'ai trouvé du mal à écrire ma fonction main, c'était aussi grave. Durant les deux années suivantes, j'ai essayé de récupéré. Même si je me débrouille pas mal, je pense que tout ce la était facile à éviter si je ne me suis pas émergé complètement dans mon doctorat et mon enseignement.
Alors, Ne prenez jamais de longues vacances et ne faites jamais de grandes ruptures. Restez près de votre éditeurs et travaillez sur des projets, même les plus simples, d'une manière continue. Ne vous contentez pas des articles, installez les nouvelles versions et essayez les, ce n'est pas une perte du temps, c'est même un gain du temps.
(Pourquoi cet article ? Jetez un coup d’œil par ici)

jeudi 20 septembre 2018

En Deux Mots (une courte série)

Depuis environ 11 ans, j'ai entamé ma carrière en recherche. Le début était avec mon projet de fin d'études (pour en savoir plus, c'est par ici). Par la suite, j'ai décidé de continuer avec mes études supérieures; j'étais fasciné pour le monde universitaire et j'ai voulu l'intégrer. Durant les années qui suivaient (à partir de 2008), je passais d'un ingénieur qui se base sur ses outils conceptuels et techniques pour résoudre des problèmes (plus ou moins) pratiques à un jeune chercheur qui doit s'affronter à de nouvelles problématiques et à proposer de nouvelles propositions. La différence était énorme et le premier résultat était mon éloignement de l'aspect technique de l'informatique.
Après avoir intégré la famille universitaire, le problème continuait. Je travaillais sur la théorie pour ma thèse de doctorat et j'exploitais mes connaissances techniques de base qui étaient plus que suffisantes pour garantir mes responsabilités d'enseignement. Et puisque je n'avançais pas, alors je reculais.
Cette époque de 11 années était marquée, sur le plan professionnel, par une profonde sensation d'incertitude et d'hésitation. Les causes étaient multiples et le résultat était une grande influence négative sur ma concentration et sur mon rendement.
Si je fais un résumé de ma vie professionnel durant ces 11 années, je peux voir que j'ai commis des dizaines d'erreurs que je pouvais éviter facilement pour aller plus loin et pour accomplir beaucoup plus de ce que j'ai accompli. J'ai commis ces erreurs malgré les mises en garde et les avertissements des centaines d'auteurs.
Dans cette courte série, je vais essayer d'écrire à mon tour, pour moi et pour vous, à propos de ces erreurs à éviter. J'écris cette série pour moi parce que tout simplement je sens le besoin de le faire. Je l'écris aussi, pour vous, pour vous avertir et peut-être pour vous aider à éviter de tomber dans ces mêmes erreurs.
Le titre de la série est "En Deux Mots"; elle sera constituée de quelques articles courts (d'où l’appellation). Chaque article sera consacré à une (et une seule) erreur que j'ai faite. 

dimanche 29 avril 2018

La prise d'otage sur les réseaux sociaux

Introduction

Les réseaux sociaux sont parmi les outils de communication les plus utilisés aujourd'hui. Combinés ensemble, et en comptant le nombre de personnes atteintes par chaque publication, les réseaux sociaux prennent, effectivement, le dessus sur les autres moyens tels que l'e-mail, le blogging et les forums.
Ces outils reposent sur un ensemble de notions issues de l'ingénierie sociale pour attirer les nouveaux utilisateurs et pour fidéliser les anciens. Ainsi, nous avons vu Facebook se classer comme le site le plus visité au monde pour plusieurs mois (avant de perdre cette position face à Google qui a repris son ancien classement).
Ces notions ont toujours été utilisées dans le marketing et par les différents groupes et organisations pour attirer des clients, des membres, des volontaires ou même des victimes. Le virus "I love you" me vient à l'esprit comme l'une des premières tentatives qui a montré à quel point il est facile de convaincre les gens à prendre une action risquer en exploitant les notions sociales les plus basiques. C'est pourquoi l'étude des réseaux sociaux est un axe de recherche très actif et pour différentes disciplines.
Néanmoins, l'abus de ces règles peut mener à des comportements et des conséquences que les créateurs de ces systèmes n'ont jamais imaginés. Dans cet article, je vais essayer de présenter une observation qui devient de plus en plus fréquente sur les réseaux sociaux et de plus en plus exprimée par les "facebookeurs" dans les différents groupes. Une observation qui me fait l'impression que Facebook est devenu, en quelque sorte, un moyen de prise d'otage durant la communication sur ce réseau.

Les modes de communication

La communication à distance est l'un des ajouts les plus important des réseaux informatiques.  En effet, les deux moyens essentiels de communications connus jusqu'à la mise en oeuvre d'ARPANet étaient la poste (le "mail") et la téléphonie (fixe). Ces deux modes sont de deux natures différentes :
Le mail est un mode de communication lent. Mais, il permet à l'émetteur de prendre son temps pour préparer la lettre (écrites, documents, colliers, etc..) à envoyer. Il lui permet aussi de se libérer après l'envoie et de ne pas rester bloqué pendant l'attente d'une réponse. Ce mode de communication est dit "Asynchrone".
La téléphonie, de sa part, est rapide. Mais, un appel téléphonique nécessite la présence des deux parties impliquées dans la communication. L'émetteur doit envoyer son information dans un délai très court. Il est ensuite bloqué en attendant une réponse. C'est pourquoi tout le monde déteste sa mise en attente lorsqu'on appelle un Call Center. Ce mode de communication est dit "Synchrone".
Pour les deux modes, il ne faut pas oublier une réalité : les deux modes restent secondaires en comparaison à une communication en face-à-face. C'est à dire, une communication suivant l'un ou l'autre de ces modes sera facilement interrompue si l'un des deux parts est déconcentré par une communication en face-à-face avec une autre personne. Personne ne favorisera la lecture d'une lettre si une autre personne présente avec elle dans la même pièce s'engage dans une conversation avec elle. La même affirmation est vrai dans la plus part des cas pour un appel téléphonique.

La communication sur Facebook

Le moyen de communication direct sur Facebook est sa messagerie. Cette dernière se présente comme l'outil le plus utilisé et le plus orienté vers une communication de personne à personne. Les autres moyens visent d'attirer les utilisateurs pour s'engager à des activités sociales. Cela explique pourquoi facebook a lancé une application séparer (Facebook Messenger) et elle n'a pas fait la même chose avec l'espace Market (par exemple).
La messagerie de Facebook supporte les deux modes de communication :
Elle permet un dialogue en temps réel (Synchrone) : la notion d'utilisateur connecté et la réception des messages en temps réel avec une notification sonore et visuelle pour attirer l'attention de l'internaute sont la base de cette fonctionnalité.
Elle permet d'envoyer un message à un utilisateur déconnecté (Asynchrone) : l'envoie de message est possible même si le destinataire n'est pas connecté. Il peut trouver le message qui lui a été destiné lorsqu'il se connecte.

Les nouvelles contraintes

Néanmoins, nous commençons à avoir de nouveaux comportements négatifs sur ces réseaux sociaux. Une fois engagé dans une communication synchrone, il est pratiquement impossible de la laisser sauf en donnant une justification détaillée. Cela représente une mise de pression injustifiée et complètement superflue sur les utilisateurs de ces réseaux.

La mention Vue

La mention Vu indique  l'utilisateur que son destinataire a vu son message. Après avoir vu son impact, je pense que son ajout n'est pas innocent et ne se résume pas à son simple objectif. La signification sociale de ce simple message a passé de "votre destinataire a vu votre message" à "votre destinataire ne veut pas vous répondre, il n'a pas le temps pour vous et il ose penser avoir d'autres choses plus importantes que vous". C'est, à la lettre, une explication donnée par un facebookeur de sa vision pour la mention Vu sans répondre au message.
Une complication qui est devenu une convention. Son risque est le fait qu'elle met encore plus de pression sur le destinataire. S'il ne répond pas, il risque d'offenser ou même de perdre son "ami". Ainsi, en exploitant la nature sociale de l'être humain, et en ajoutant une simple marque 'Vu', le réseau social arrive à "obliger" l'utilisateur à "répondre" et "ne pas quitter la conversation". Autrement, il se voit amené vers un conflit avec ses connaissances sur le réseau.

Temps de réponse

Un autre aspect de réponse largement exploité est le temps de réponse. Je désigne,  ici, par temps de réponse, la durée entre la mention "Vu" et l'envoie de la réponse. Bizarrement, le temps de réponse acceptable devient de plus en plus court. En effet, vous pouvez être "bloqué" si le temps de réponse dépasse les quelques minutes. C'est une autre tendance qui exerce encore plus de pression sur le facebookeur, non pas par le réseau lui même, mais par ses "amis".
Comme pour la mention Vu, cette mesure, qui ne devrait pas avoir une signification justifiée en parlant de la nature de communication Asynchrone, est devenue une mesure du respect et d'attachement du destinataire : "plus la durée est longue, moins il vous respecte et moins il est attaché à vous et plus il est prêt à vous perdre". Pour le mode de communication Asynchrone supposé supporté par la plate-forme, cette affirmation n'a aucun sens.

Conséquence

Ces deux nouvelles contraintes sont basées sur de simples observations. Il est possible de détecter d'autres contraintes qui s'imposent sur les utilisateurs des réseaux sociaux par leurs paires. Ces contraintes viennent pour représenter une pression supplémentaire et pour contrôler le comportement de l'utilisateur.
Pour les deux contraintes notées, il est claire que l'utilisateur sur Facebook doit prêter de plus en plus d'attention à ses discussions sur Messenger. Il doit aussi leur accorder une priorité plus élevée de celle accorder à sa vie réelle, son existence même. Autrement, il risque de perdre ses "amis". Répondre même si vous ne le voulez pas ou bien devoir répondre dans un délai record de quelques minutes veux dire que vous n'êtes plus libre et que vous n'êtes plus dans une communication saine. En effet, vous perdez l'avantage de la communication asynchrone qui vous autorise à avoir votre temps pour répondre et vous perdez l'avantage de la communication synchrone qui est caractérisée par sa rapidité et la facilité de sa terminaison. Vous êtes bloqué dans une communication textuelle, de longue durée, illimitée (ou presque) et obligeante.

Nouvelle pratique ?

Malheureusement, les solutions qui prennent de plus en plus de place entre les facebookeurs ne sont pas dans le bon sens. Il s'agit de quelques solutions pour dévier le problème et non pas pour corriger ces faux jugements donnés à des fonctionnalités basiques sur un système de discussion d'un réseau social. Je vais citer une pratique qui m'a tellement surpris qu'elle m'a poussé à écrire cet article.
Pour éviter l'apparition de la mention "Vu" sur un message ou une discussion, le facebookeur charge la discussion en lançant l'application, ensuite, il désactive sa connexion Internet (que ce soit en Connexion de Données ou Wi-Fi), il visualise la discussion et ferme l'application. Il réactive ensuite la connexion et lance à nouveau l'application de messagerie.
Vous allez penser que c'est pénible. Je suis parfaitement d'accord avec vous. C'est de l'effort et du temps perdus sans une justification valide. Cette pratique ne peut jamais être considérée comme une solution; elle consiste à remplacer l'obligation de répondre par l'obligation de passer par cette procédure pour lire le message sans laisser la mention "Vu".

La véritable solution

La véritable solution est la compréhension de quelques points essentiels :
  • Un réseau social est pour communiquer à distance, cela ne doit, sous aucun prétexte, être plus important que la vie dans le monde réel.
  • Un réseau social est pour vous laisser en contact avec vos amis. Si l'un d'eux vous fixe des règles ou essaie de vous contrôler par des convention débiles, il ne mérite pas d'être votre ami.
  • Communiquer est une action volontaire pour passer un message entre deux personnes. Sauf état de guerre ou une situation d'urgence (question de vie ou de mort), l'activité de communication ne doit pas imposer des pressions ou des obligations; c'est contre sa nature.
  • Si une personne lit votre message et n'a répondu, c'est qu'il ne peut pas ou même ne veut pas répondre. Aucune signification injustifiée ne doit être donnée à cette action de ne pas répondre. Vous n'avez pas le droit d'obliger les autres à prendre telle ou telle action. En gardant ce droit aux autres, vous le garderez pour vous-même aussi. 

Conclusion

A la fin, j'ai essayé de mettre le doigt sur des pratiques et des idées qui commencent à devenir une source de pression et de frustration sur les réseaux sociaux. Ces idées obligent les facebookeurs à prendre des actions même contre leur volonté. Elles donnent, aussi, le droit à des gens de juger d'une manière absolue les autres gens en se basant sur une action ou deux, sans justification, ni prise en compte du contexte et des conditions par lesquelles ils passent. Ces éléments détruisent les fondements d'une communication saine qui est supposée être l'objectif même d'un réseau social.
Il est évident qu'une analyse plus profonde peut révéler d'autres phénomènes et d'autres exploitations immorales des notions de l'ingénierie sociale. Est-il temps de commencer à enseigner ces pratiques à nos enfants ?