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vendredi 20 mai 2016

Voilà comment "un cours" devient "une chaîne de caractères"

La conception et la réalisation d'un système quelconque nous pousse à travailler, dans la plus part des cas, avec des niveaux d'abstraction différents. L'idée est de commencer par un niveau élevé d'abstraction et de descendre, étape par étape, vers le niveau physique qui est l'implémentation de la solution. Ce passage n'est pas souple, ni sans risque; une chose qui m'a pris deux années et deux projets pour la réaliser.
Les niveaux d'abstraction sont utilisés depuis les premières approches d'analyse et de conception des systèmes informatiques et des systèmes d'information. Merise, l'une des premières approches, définit trois niveaux d'abstraction :
  • Le niveau conceptuel : le niveau d'abstraction le plus élevé. A ce niveau, on est supposé donner une première modélisation du système en essayant de répondre à la question "Quoi" pour les deux dimensions statique (données) et dynamique (traitements) du système.
  • Le niveau logique (organisationnel) : le deuxième niveau d'abstraction. A ce niveau, on commence à détailler la modélisation donnée au niveau conceptuel en ajoutant les réponses aux questions "Qui" et "Quand".
  • Le niveau physique : le niveau d'abstraction le plus bas; on parle de l'implémentation physique. A ce niveau, la conception (la modélisation) détaillée donnée au niveau logique est traduite à un ensemble de programmes, logiciels, fichiers et bases des données.
Cette définition (très) simplifiée nous montre qu'il est possible de faire une conception et une réalisation souples avec des passages claires entre les différentes étapes. Malheureusement, deux projets durant les deux dernières années ont prouvé que, sous certaines circonstances, c'est pas aussi évident que cela.
En travaillant sur deux projets en e-Learning (comme toujours), les étudiants impliqués ont montré le même comportement malgré que les deux projets étaient complètement indépendants. Le comportement peut être résumé par un constat que me frappait il y a environ deux semaines en essayant d'expliquer à un collègue ce qui ne marche pour le projet en cours : "le cours de l'enseignant est, pour eux, une chaîne de caractère".
Sur ce point, vous allez me dire que c'est normal : toute donnée sera, quelque part durant le processus, traduite vers une donnée binaire pour être implémentée sur la machine. Ainsi, le solde bancaire d'un employé n'est qu'un nombre réel, la valeur d'un crédit qui peut contrôler la vie d'une famille n'est qu'un nombre réel aussi, un avion civil avec des centaines de passagers n'est qu'un cercle de quelques pixels sur un écran et même une déclaration de guerre entre deux pays n'est qu'une chaîne de caractères. Tout cela semble être vrai mais il n'est pas du tout.
Comme étant des humains, nous essayons toujours de donner plus de sens à des évènements qui semblent beaucoup plus simples que ceux cités ci-dessus. Nous tentons, aussi, de détecter des modèles, des lois, des principes et de proposer des théories pour les phénomènes qui nous entourent. En ajoutant ces capacités à nos capacités de manipulation des symboles, nous nous trouvons face à l'intelligence humaine (encore une fois, les définitions sont simplifiées : chaque définition peut nous conduire à écrire un livre entier). Ainsi, au moment où l'enseignant voit son cours comme le fruit d'un effort particulier d'analyse, de résumé et de synthèse, le développeur le voit comme une chaîne de caractères à insérer dans une base des données et à le récupérer plus tard. Ce décalage me semble anormal pour ne pas dire inquiétant pour le projet.
La cause principal, à mon avis, est la mauvaise division des tâches entre les membres de l'équipe, et plus particulièrement, les division de type : "tu fais l'état de l'art et je me charge de ma programmation". Une telle division semble marcher : le résultat finale de la première moitié est un ensemble de schéma descriptifs qui expliquent au moindre détail les composants du système, les traitements à effectuer pour chaque composant et les données à manipuler par chaque traitement. La deuxième moitié du travail consiste à reprendre cette description et à la traduire vers une technologie (niveau physique) pour terminer le projet. Et c'est ce passage qui n'est pas évident : sans suffisamment d'information sur le domaine, les préférences des clients et la nature des besoins, la conception détaillée sera vue par le développeur vide, sans âme et même sans importance particulière. C'est à ce niveau que le cours d'un enseignant et l'adresse d'un apprenant deviennent de la même importance, très similaires et
implémentées de la même façon : une chaîne de caractère.

Un dernier mot

Pour cet article, j'ai fait deux grandes simplifications (ce n'est pas sans risques) en essayant de comprendre ce phénomène qui pousse les étudiants (ou les employés) à vider un projet donné de son sens. L'objectif visé n'est pas de prouver ses origines parce que je ne les connais pas, c'est ma première réflexion sur le sujet. Ce que j'espère est d'exposer ce risque au sein des équipes de développement.

dimanche 23 décembre 2012

Enseigner et écrire pour maîtriser, et pourquoi pas le modèle chinois?

“Si vous n'arrivez pas à expliquer un concept à un enfant de 6 ans, c'est que vous ne maîtrisez pas ce concept.” - Albert Einstein.

Il nous arrive dans notre cursus d’ingénieur d’apprendre des tas de choses, de les comprendre et de les utiliser, sans pour autant les maîtriser. La maîtrise n’est confirmée si on les enseigne.

“Vous ne devez pas écrire un livre sur une thématique donnée si vous n’arrivez pas à en parler pendant une heure, sans préalable préparation, devant un publique.” - Tariq Suwaidane.

Encore plus difficile qu’enseigner, écrire un livre sur une thématique nécessite plus de connaissance et une meilleure maîtrise. Alors devons nous attendre d’atteindre ce niveau pour essayer d’enseigner ou bien d’écrire?

Heureusement, d’autres modèles peuvent être suivis pour atteindre la perfection, et en particulier le modèle chinois : et si on essaye de le faire, même si on ne le maîtrise pas? Et si on essaye d’apprendre et de maîtriser pendant qu’on le fait? Si on observe l’évolution de la production chinoise des produits de haute technologie et des voitures, nous allons apercevoir clairement l’application de ce modèle.

Le modèle n’est pas nouveau, il découle des théories pédagogiques constructives qui encouragent l’apprentissage par l’application et non pas par un passage passif de connaissances de l’enseignant vers l’apprenant. Dans ce contexte, l’apprenant est surveillé et supporté par son enseignant pour obtenir les résultats attendus; il effectue des activités d’apprentissage où l'échec n’est qu’une étape vers le succès. Néanmoins, son application dans la vie quotidienne et dans la vie professionnelle a donné des résultats très satisfaisants malgré que l’environnement professionnel oppose le milieu éducatif, il est très hostile, il n’offre aucun support ou encadrement et il ne donne des chances minimes pour retenter.

Quand je dis “enseigner” pour maîtriser, je ne parle pas d’enseigner dans une institution officielle; la préparation d’une formation gratuite donne la possibilité de vivre une expérience similaire et faire plusieurs tentatives pour perfectionner ses connaissances dans le domaine en question et dans le domaine pédagogique. Du même, “écrire” ne veut pas dire se plonger dans une aventure risquée de publication d’un livre, mais, rédiger et écrire des tutoriels et e-books gratuits sur Internet.

Je pense que nous avons, plus que jamais, la possibilité d’apprendre et de maîtriser par appliquer, enseigner et écrire grâce aux technologies d’internet qui nous permettent d’avoir un feedback de nos amis et des communautés spécialisées sur nos productions, et du coup, on peut voir la société remplace l’enseignant d’une manière positive.   

dimanche 15 novembre 2009

Bienvenue

Bonjour,

Je suis Tarek BOUTEFARA, titulaire d'un diplôme de Magistère en informatique, obtenu à l'Ecole nationale Supérieure d'Informatique (http://www.esi.dz), option Systèmes d'Information et de Connaissances. Actuellement, je prépare une thèse de doctorat dans la même école. La thèse entre dans le cadre des techniques d'apprentissage à distance, connu aussi sous le nom du "e-Learning".

Le e-Learning est un domaine très actif vu qu'il touche à l'une des activités les plus anciennes, à savoir l'apprentissage. Pour la même cause, le e-Learning est parmi les domaines les plus vastes, il couvre les différents aspects liés à sa problématique en commençant par les aspects purement techniques pour arriver aux aspects abstrait en liaison direct avec les sciences de l'éducation. Actuellement, je travaille sur une problématique liée aux "styles d'apprentissage" sous la direction de Mme. MEHDAOUI Latifa.

Au même, et comme toute enseignant chercheur, j'ai eu des expériences en enseignement et en encadrement des étudiants de fin cycle et de Master 2. Mes activité d'enseignement portaient essentiellement sur des modules techniques (J2SE, Pascal) et basiques (Introduction à l'Algorithmique), tant dit que mes activité d'encadrement se focalisaient sur des projets entrant dans le cadre de mes travaux de recherche mais portant sur des thématiques plus générales et moins compliquées pour être assimilées dans les délais (très courts) des projets.

Pour mieux apprendre sur mes expériences, je vous prie de visiter mes autres blogs dédiés:
Ce blog sera réservé pour les autres expériences ainsi que l'informatique de manière générale. J'espère que vous trouverez de la valeur et de l'importance entre les lignes des différents articles.